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Bye Bye Démocratie : l’Espagne s’apprête à censurer les sites “pirates”

[Un article de ReadWriteWeb]

S’il fal­lait une preuve que la dic­ta­ture qui s’annonce un peu par­tout sur inter­net, et qui tente tant de démo­cra­ties, n’est ni de droite, ni de gauche, l’Espagne vient de la four­nir sur un pla­teau.
[edit: dic­ta­ture du copy­right ? dic­ta­ture numé­rique ? Ceci n’est pas une allu­sion a Franco! ]

Gouvernée par le parti Socialiste, la pénin­sule Ibérique vient de ravir à la France le titre de pre­mière démo­cra­tie Européenne à bas­cu­ler dans la dic­ta­ture numérique.

La loi, là bas, ne s’appelle pas Loppsi mais “loi sur l’économie durable”, ce qui n’est pas sans rap­pe­ler la méta­phore écolo de Nicolas Sarkozy qui, en évoquant son inten­tion de cen­su­rer les sites don­nant accès à des conte­nus ‘pirates’, lors de ses vœux à la Culture, par­lait de “dépol­luer l’internet”.

Avant hier, lors d’une ren­contre entre repré­sen­tants de la ‘société civile inter­net’ et la minis­tère de la Culture Espagnole, Angeles Gonzalez-Sinde, le ton est monté. A la ques­tion posée par le blog­geur Nacho Escolar de savoir si l’Espagne allait deve­nir comme la Chine, la réponse de la ministre aurait été, selon plu­sieurs témoins : oui !

Cette loi est, selon Escolar “dan­ge­reuse” car “bonne pour des pays comme la Chine ou Cuba, pas pour une démo­cra­tie”. Les repré­sen­tants réunis à l’occasion de cette ren­contre se sont dits ‘encore plus inquiets de ce qui res­tait à venir’, et aucun accord n’a été obtenu entre la délé­ga­tion et le ministère.

Jésus Encinar, le PDG de Idealista, un site Espagnol de petites annonces, qui fai­sait parti de la délé­ga­tion a déclaré de son coté qu’il était “scan­da­leux que les droits d’auteurs soient au des­sus des droits fon­da­men­taux et de la liberté d’expression”.

Enrique Dans, le direc­teur de l’Área de Sistemas de Información a com­paré cette loi à la loi Corcuera qui, avant d’être cen­su­rée par l’équivalent du conseil consti­tu­tion­nel, auto­ri­sait les forces de sécu­rité à perqui­si­tion­ner sans man­dat dans les affaires de drogue, et dénonce une “police de l’internet” où les juges tiennent un rôle mineur.

La ministre, elle, a trou­vée la ren­contre “très posi­tive, impor­tante et inté­res­sante”, et le lobby des indus­triels du conte­nus sou­li­gné le cou­rage de la ministre. Antonio Guisasola, le patron de la fédé­ra­tion espa­gnole des pro­duc­teurs de musique, Promusicae, a lui sou­li­gné l’insuffisance de ces mesures et rap­pelé qu’elles ne consti­tuaient qu’ “un pre­mier pas”.

Les opé­ra­teurs de réseaux, eux, ont refusé d’évaluer le coût des mesures annoncées.

Source : Lavandguardia

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15 janvier 2010 | Actualité