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Le commerce de la pédopornographie: Étude résumée par SVN

J’ai pris le temps ce week-end de lire enfin l’étude de Fabrice Epelboin sur l’évolution du commerce de la pédopornographie sur Internet de 2000 à 2010. Plus qu’un résumé fidèle, je reformule ci-dessous les 2 points qui ont particulièrement attiré mon attention.
Le Darwinisme de la prohibition

L’interdiction légale d’une activité lucrative conduit au développement d’un marché noir dont les fournisseurs sont engagés dans une course permanente avec les forces de l’ordre (cf. marché de la drogue). Les premiers ne doivent leur survie qu’aux innovations qui leurs permettent de toujours garder un coup d’avance. La prohibition exerce du point de vue de l’innovation une pression évolutive bien plus importante que celle de la concurrence.

Dans le cas de la pédopornographie les compétences et réseaux déjà en place permettent d’ores et déjà de contourner les systèmes de filtrage, destinés à les prévenir, prévus par la loi LOPPSI. Les réseaux pédopornographiques sont en fait les héritiers d’une autre prohibition : celle de la pornographie en Russie.
Des réseaux à tout faire

L’interdiction de la pornographie en Russie a conduit à l’assemblage de réseaux de compétences : développeurs, administrateurs réseau, faussaires, spécialistes de la falsification de carte de crédit, spammeurs et hackers. Ces réseaux ont mis au point des techniques qui permettent de distribuer, de monétiser et de marketer des contenus illégaux. Ces techniques sont utilisables quel que soit le contenu à distribuer.

A l’heure actuelle le marché des contenus illégaux est relativement restreint bien qu’il se chiffre déjà en millions de dollars. Cependant si la LOPPSI venait par le filtrage à supprimer les offres gratuites de contenus soumis à la propriété intellectuelle (i.e. les contenus piratés) c’est soudain un marché de plusieurs milliards de dollars qui s’ouvrirait à ces réseaux de distribution de contenus illicites. La LOPPSI pourrait donc finalement faire les choux gras des réseaux de cybercriminalité…

Conclusion
La prohibition peut s’avérer dangereuse pour la société qui interdit autant que pour ceux qui en sont la cible. Il ne s’agit pas là de défendre la pédopornographie mais simplement de constater que la vie est une affaire risquée et la loi n’est que rarement un recours adapté. L’éducation est certainement beaucoup plus efficace, mais politiquement ce n’est pas très vendeur. A considérer le déséquilibre entre bénéfices potentiels et atteintes aux libertés que représente la loi LOPPSI, on ne peut que le regretter…

article précédent comportant l’étude

Source :nilsoj.owni.fr

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4 mars 2010 | Actualité