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Mathieu Kassovitz sur Hadopi

Un autre effet négatif est la dématérialisation qui a généré le peer-to-peer.
Comment te positionnes-tu avec la loi Hadopi ?

M.K.- Je n’ai jamais rien dit sur le sujet mais pour moi c’est une connerie. L’industrie s’est baisée depuis qu’elle est passée au numérique. Ils n’ont pas vu que le VHS et la cassette audio, c’était très bien. À l’époque, je copiais des VHS avec deux magnétoscopes. La qualité se dégradait à chaque copie, mais c’était acceptable puisque gratuit. Avec le numérique, l’industrie ne s’est pas projeté dans dix ans avec un Internet dix fois plus rapide, des ordinateurs cent fois plus puissants et des DVD copiables en quelques minutes. J’en ai parlé avec Steven Spielberg et d’autres grands réalisateurs américains. Ils dépensent des centaines de millions de dollars afin de trouver une parade contre des petits mecs de 14 ans qui démonteront leur DRM en quelques minutes. Et puis Hadopi ne peut fonctionner car le vrai piratage se passe en se refilant des disques durs remplis de vidéos rippées. Et puis, il ne s’agit plus que de fichiers que l’on copie, déplace ou supprime. Ça ne veut plus rien dire. Pour finir, je suis désolé de dire à l’Hadopi qui, à travers le Sénat et l’Assemblée Nationale, dit « Si vous aimez les artistes, ne piratez pas », mais ce ne sont pas les artistes qui en prennent plein la gueule, ils perdent un peu mais sont encore très bien payés. L’Hadopi ne protège que l’industrie. Et puis il y a des films que ne se piratent pas. Les films en 3D comme Avatar ne peuvent se pirater car ça n’aurait aucun intérêt de les voir sans relief. Pareil pour les films de Jaoui et Bacri mais parce qu’ils s’adressent à un public qui ne pirate pas. Et enfin, les films à succès comme Spiderman ne vivent plus des entrées en salle mais de la vente de produits dérivés. À partir du moment où un film est amorti, il devrait être distribué gratuitement. Au lieu de faire de la répression, il devrait améliorer l’offre et la rendre accessible à tous.

Est-ce que tout cela ne participe pas à la désacralisation du cinéma ?

M.K.- En France, il y a 15 films qui sortent en salle chaque semaine. Les films se désacralisent eux-mêmes parce qu’on ne leur donne pas la place de vivre. Quand vous travaillez deux ans sur un film et que six mois après sa sortie, il est en vente dans les librairies à 2,90 euros avec un fascicule, le cinéma est désacralisé. Le seul moyen de lutter contre ce phénomène est de faire des bons films. Si tu fais un chef d’œuvre, il sera piraté, mais le public ira quand même le voir en salle. Mais en ce moment, les films ne sont que des produits de consommation. À force, les gens qui disposent de centaines de films sur des disques durs ne regardent plus rien. Je pirate aussi, mais cela me sert à me faire une idée sur un film. S’il me plait, je l’achète en Blu-ray pour me faire une vraie séance de cinéma à la maison.

Source : svmmac.fr, le 23 décembre 2009

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