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Net neutralité : il y a internet et internet… par Orange…

Fait un peu chaud, là, non ?

Pour France Télécom, le neutralité des réseaux n’existe pas, on lui préfèrera l’internet “ouvert”, un terme que son président peine a définir.

L’ouverture, c’est pour lui plutôt la dilution du débat, notamment en faisant de cet enjeu, limité jusqu’ici aux opérateurs télécom, un grand fourre tout où viendrait se mêler une quantité d’acteurs jusqu’ici peu concernés. L’embrouille, qualifiée de “petite précision sémantique”, fera office d’introduction pour un discours d’une dizaine de minutes à travers lequel on devine tout le mal que l’on pense en haut lieu de la net neutralité chez le plus gros opérateur télécom Français.

Rappelons au passage que le principe de la neutralité des réseaux consiste à ne pas discriminer une information qui passe sur le réseau selon son origine, sa destination, son contenu, ou le moyen utilisé pour y accéder.

“Les opérateur de télécom, leur seul soucis, c’est le développement des réseaux, le développement d’internet, de l’accès à internet dans le monde”.

A croire que France Télécom est la première ONG cotée en bourse.

Le président d’Orange l’a bien compris, la partie qui se joue est serrée, et la belle image de marque forgée à coup de millions d’euros investis dans de fort belles campagnes pourrait être mise à mal par une poignée d’activistes dont il reconnait à demi mots qu’ils ont, aujourd’hui, le monopole de la crédibilité sur le sujet. C’est là probablement tout l’enjeux des débats en cours sur la neutralité des réseaux : noyer le poisson et ne pas voir la parole monopolisée par les défenseurs d’une définition de la neutralité des réseau que l’on voudrait bien amender (ou ajuster sémantiquement).

Pour Stéphane Richard, la net neutralité n’est donc pas un sujet, reprenant la précédente campagne de pub d’Orange (“Open”), il lui préfère donc le terme “ouvert”, et celui-ci n’a rien à voir avec l’ouverture prônée par les défenseurs des libertés numériques, c’est juste un adjectif marketing.

Car la grande crainte d’Orange, ce sont bien ces vilains activistes qui seraient trop enclins à faire passer les gentils opérateurs télécom pour des méchants.

“il y a une forme de soupçon par rapport aux opérateurs de télécom, qui serait des gens qui chercheraient, pour de basses raisons économiques, ou pire encore, d’ailleurs, pour d’autres motivations, a faire une espèce de sélection dans la gestion des trafics sur internet. Le premier enjeu de ce débat c’est d’enlever ce soupçon”. [les liens sont de moi, bien sûr]

Orange semble avant tout soucieux de ne pas faire l’objet de soupçons, et c’est vrai que quand on dispose de l’Etat à son conseil d’administration et que l’on plaide discrètement pour l’installation de systèmes permettant tout aussi bien de surveiller la population que de gérer plus finement son réseau, on peut comprendre qu’il y ai un malaise, et que la possibilité de confusion des genres, voir de collusion d’intérêts, puisse venir à l’esprit des consommateurs. Un malaise qui transpire tout au long de cet entretient réalisé par l’ARCEP, en particulier dans le langage non verbal : mains moites, ajustement constant de deux malheureuses feuilles de papier sur lesquelles on imagine trouver le script que l’interviewé récite maladroitement, discours ponctué d’incessant “heuuu”…

“Je crois que les principaux enjeux du débat c’est précisément de voir les grandes catégorie d’acteurs [en prenant soin d’exclure les citoyens] de l’économie de l’internet, de voir quelles sont leurs motivations économiques, quelles sont leurs responsabilités et comment chacun de ces acteurs doit pouvoir contribuer à cet internet ouvert que chacun appelle de ses vœux, à l’intérieur d’un modèle économique qui soit respectueux aussi des uns et des autres, car je pense que ce ne serait pas rendre service à internet, et en tout cas ne pas s’inscrire dans une logique de développement durable, au sens le plus noble du terme, que d’encourager un développement qui ne rend pas à chaque créateur de valeur la part qui lui revient”

Une bien curieuse vision du concept de valeur (on rappellera à Stéphane Richard, mais il doit s’en être aperçu, qu’il y a une différence en économie entre prix et valeur), et une bien étrange façon d’appréhender ce qu’est un marché (sauf à admettre que l’on est en effet dans une économie socialiste planifiée, ce qui semble transparaitre dans le discours du président d’Orange). Une insulte, pour finir, au sens le plus noble du terme, à la notion de développement durable, qui n’a jamais été synonyme du fait de tenter à tout prix de conserver les modèles du passé.

Car dans cette vision de l’internet ouvert (mais pas trop), celui-ci doit avant tout préserver les modèles économiques du passé – ce qu’il ne fait pas aujourd’hui, là dessus, difficile ne ne pas être d’accord. Il en fut de même avec l’automobile ‘ouverte’, qui avait mis à mal éleveurs de chevaux, producteurs d’avoine et relais postaux (enfin, presque, étant donné que les PTT puis France Télécom sont les descendants de ces derniers). Pire encore, on se souvient de la montée vertigineuse du chômage et de l’oisiveté au sein de l’église catholique quand l’infâme Gutenberg avait du jour au lendemain condamné à la mendicité des armées de moines copistes, devenus aussi inutiles qu’un CD audio, occupés naguère à recopier les livres qu’ils prenaient soin de sélectionner, afin de proposer au bon peuple une culture qui leur permettait d’assoir leur pouvoir.

Des erreurs – de toute évidence – qu’il ne faudrait pas répéter, si on souhaite à tout prix préserver le monde merveilleux des industries culturelles et télécom actuel.

Mais le patron de Orange va plus loin puisqu’après de longues minutes de langue de bois, il annonce que les opérateurs télécoms pourraient avoir besoin de gérer leur trafic. Difficile de ne pas voir là l’arrivée (officielle) du deep packet inspection, qui sert aussi bien à réguler le trafic sur un réseau qu’à surveiller une population (8’10). Stephane Richard s’empresse d’ajouter que tout cela doit se faire dans la transparence (de la même façon que la fixation des prix sur le mobile ?).

L’entretien se conclue par cette phrase : la liberté c’est bien, mais il ne faut pas oublier la justice. Hadopi, Loppsi, on aura compris.

Source: Readwriteweb

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8 avril 2010 | Actualité