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Quand la police apprend les dangers du net aux collégiens, cela donne ça…

Le site Owni.fr relate la récente « mission de prévention et de communication » qu’a menée le commissariat du 3° arrondissement de Paris dans un collège de secteur, le collège Béranger. C’est un parent d’élève qui a rapporté les faits à nos confrères, après cette rencontre un peu particulière : « Ma fille m’a rapporté une notice de quatre pages intitulée “Les dangers de l’Internet” ainsi qu’un marque-page “Internet en toute sécurité”. Les collégiens ont reçu ces documents dans le collège et en classe, des mains propres d’un policier (en uniforme) de la police nationale venu leur parler longuement sur ce sujet. C’est la deuxième fois qu’ils viennent nous parler de cela en classe, me dit ma fille, une fois en uniforme et une fois sans uniforme. »

dangers du net police commissariat collège

Si l’éducation et la sensibilisation aux risques du web sont une bonne chose, l’amalgame généré par le discours est assez surréaliste. On y apprend d’entrée que le « réseau a été envahi sans aucune entrave par une criminalité galopante et des marchands peu scrupuleux ». S’en suit alors une longue liste des dangers du net, concernant la sexualité, la pornographie, la violence, les mouvements sectaires, le sexisme, le racisme, l’homophobie, la pédophilie.

Sur Internet, l’achat reste la norme, selon la police

La litanie ne s’arrête pas là : arnaque par commerce électronique, et violation du droit à l’image participent à l’enfer numérique dans lequel batifolent les jeunes collégiens. Sans oublier « le piratage et le téléchargement illégal ». Dans cette grande marmite aux pires maux du web, on apprend que sur internet, en matière de propriété intellectuelle, « l’achat reste la norme » (…) « Tout travail méritant salaire, il est logique de payer ce qu’un artiste a pu créer ». Adieu Deezer, Adieu Jiwa, adieu la musique gratuite et libre… et bonjour la carte prépayée de 200 euros proposée par la Mission Zelnik ? La dichotomie achat/répression est la seul qui raisonnera dans la tête des collégiens.

Dans les conclusions de cette notice, les policiers en uniforme admettent que cette notice « peut paraître alarmiste, mais les dangers d’internet sont réels, néanmoins il ne faut pas diaboliser le web ». Bref, c’est chaud, mais c’est froid, mais c’est chaud, et inversement. Il n’en demeure pas moins que c’est avec ce type de discours anxiogènes qu’on diabolise le net alors que comme le souligne notre consœur, « ce n’est pas Internet qui est dangereux, c’est la vie tout court ». Le mot est peut-être facile, mais il a sa pertinence.

Les risques de la stigmatisation de l’outil

Le danger de cette stigmatisation très Lefebvrienne est celui d’inciter toujours plus les pouvoirs publics à sanctionner l’outil en lui-même plutôt que l’acte, le couteau plus que l’égorgeur. Un exemple ? Dans la LOPPSI, l’Assemblée nationale a décidé l’aggravation de certains délits de contrefaçon en bande organisée par le seul fait qu’ils sont commis en ligne.

Durant les débats, Martine Billard avait eu beau souligner « c’est bien la première fois que, dans notre droit, un délit est créé spécifiquement par rapport à un outil. Cela n’a pas de sens! On peut comprendre que vous aggraviez la peine en cas de bande organisée, notamment pour les nouvelles escroqueries se développant sur internet. Mais il paraît invraisemblable de prévoir des circonstances aggravantes pour un délit déjà réprimé, uniquement parce qu’une personne a utilisé internet pour le commettre. » L’argument, également défendu par Patrick Bloche ou Lionel Tardy, n’aura pas tenu : l’infraction aggravée aura été validée par les députés, avec le renfort de Brice Hortefeux.

Pour apprécier la coordination entre la LOPPSI et la politique de protection de l’enfance en France, on pourra relire notre article qui montre que le gouvernement a une ardoise de 3 ans pour le financement de la protection de “l’enfance en danger“.

Source: PCinpact

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10 mars 2010 | Actualité